Défense de ma thèse en sociologie

En 2007, j’ai obtenu le titre de docteur en droit avec une thèse consacrée à la médiation pénale. En 2010, j’ai donné une nouvelle orientation à mes travaux en entamant une collaboration avec Bertrand Montulet, qui a abouti à la publication, en 2019, d’un livre consacré à notre rapport contemporain à la mobilité.

C’est dans ce cadre qu’a germé l’idée de me lancer dans une nouvelle thèse de doctorat, en sociologie cette fois. Ce processus, entamé en 2018, vient de s’achever. La défense de ce travail est prévue pour le 2 octobre prochain, à 16h, à l’UCLouvain Saint-Louis – Bruxelles. Vous pouvez y assister gratuitement mais sur inscription en ligne.

Voici un bref résumé de l’objet de la thèse:

Pourquoi la mobilité agite-t-elle tant nos sociétés ? Qu’est-ce qui nous fait la désirer à ce point, lui sacrifier tant, fonder sur elle de si grands espoirs ? Tel est l’un des deux axes de la thèse de Christophe. Dans le prolongement de sa thèse en droit sur la médiation pénale et des travaux de Bertrand Montulet sur les rapports à l’espace-temps (et avec la collaboration de ce dernier), mais aussi dans le contexte des travaux de Zygmunt Baumann, Luc Boltanski et Ève Chiapello, Hartmut Rosa, John Urry ou encore Tim Cresswell, il a développé une réflexion sur le rapport contemporain à l’espace-temps et aux mobilités matérielles et non matérielles. Il propose d’en faire un analyseur des systèmes contemporains de légitimité, en s’appuyant notamment sur la formalisation des « impératifs mobilitaires » qui s’imposent à nous.

Et, puisqu’il s’agit d’en faire un analyseur à large spectre, pourquoi ne pas se pencher sur un objet classique de la criminologie : la prison ? Plus spécifiquement, il s’agit d’analyser les travaux préparatoires de la loi pénitentiaire de 2005, lesquels constituent une tentative d’élaboration d’un nouveau projet pour la prison du 21e siècle. Un projet, telle est l’hypothèse, en phase avec la société mobilitaire. Christophe en tire la proposition d’une prison-gigogne, dans laquelle, à l’abris des murs de la prison-entrepôt se met en place une prison-centre de distribution. Ces deux projets, aussi contradictoires qu’opposés, permettent d’agencer – dans les discours du moins – un pénitentiaire de stockage – axé sur la détention des corps, mais devenu impossible à légitimer en tant que tel – et une carcéralité logistique prétendant réorienter les trajectoires sociales des détenu·es bien au-delà des murs, dans une optique de gestion des mobilités et de renforcement de la motilité des condamné·es. De la sorte, une mobilité éprouvante masquerait le maintien d’un système d’immobilisation pénible et, en retour, le second offrirait une clientèle captive à laquelle appliquer la première.